Le Starets Seraphim (Baradel) de Valaam : La Nativité de notre Seigneur.

Le texte ci-dessous est la traduction de l’original russe de l’homélie prononcée le douze janvier 2008 par l’Higoumène du Grand Schème Seraphim (Baradel-Pokrovski) du Monastère de Valaam. Cet original est publié sur le site du monastère.
D’origine française, le Père Seraphim fut pendant vingt ans l’auxiliaire de cellule du Saint Archimandrite Sophrony (Sakharov). Il rejoignit ensuite le Monastère de Valaam sur le Lac Ladoga, dans le Nord de la Russie, et devint le Supérieur de la Skite de Tous les Saints. Voici quelques années, pour des raisons de santé, il a quitté Valaam pour servir Dieu dans la région de Moscou.

Mes chers frères! Les jours passent vite; nous voici à la clôture de la Fête de la Nativité du Christ. Et je voudrais parler un peu des premiers mots du tropaire de la Nativité du Christ: «Ta Nativité, Christ notre Dieu, a fait resplendir dans le monde la lumière de la connaissance». Dans quelques jours, nous célébrerons la Théophanie, le Baptême du Seigneur, et dans le kondakion de cette fête, il y a ces mots qui font écho aux mots du tropaire de la Nativité: «Tu es apparu aujourd’hui au monde entier, Seigneur, et Ta lumière nous a marqués de son empreinte, nous qui Te chantons en toute connaissance : Tu es venu, Tu es apparu, Lumière inaccessible ».

Bien sûr, dans ces lignes, on se souvient de l’Évangile de Jean: «Au commencement était le Verbe, et le Verbe était en Dieu, et le Verbe était Dieu. Il était au commencement en Dieu. Tout par lui a été fait, et sans lui n’a été fait rien de ce qui existe. En lui était la vie, et la vie était la lumière des hommes, et la lumière luit dans les ténèbres, et les ténèbres ne l’ont point reçue.» [Jean 1:1-5], ainsi que de la merveilleuse prière de l’heure de Prime: «Christ, Lumière véritable illuminant et sanctifiant tout homme qui vient en ce monde, que brille sur nous la Lumière de Ta Face, pour qu’en elle nous voyions ta Lumière Inaccessible: et dirige nos pas vers l’accomplissement de Tes commandements, par l’intercession de Ta Mère Toute Pure, et de tous Tes Saints, amen».
Donc, avant la venue du Christ, avant Jésus-Christ, avant Sa Théophanie, il y avait l’obscurité, il y avait les ténèbres, et après Sa venue, en Lui, par Lui et avec Lui, nous avons la lumière de la vie, la lumière de la raison, la lumière de la connaissance. Si vous vous souvenez, parmi les parémies qui sont lues à la Nativité du Christ, il y a une lecture de la prophétie de Baruch, qui se termine par ces mots merveilleux «Bienheureux sommes-nous, Israël, car il nous est possible de connaître ce qui plaît à Dieu!» (Bar.4:4). Puisque le prophète de l’Ancien Testament a pu écrire de telles paroles, en se référant à la Loi de l’Ancien Testament, nous pouvons encore nous exclamer: «Bienheureux sommes-nous, Nouvel Israël, car il nous est possible de connaître ce qui plaît à Dieu!» Et nous avons vraiment la bénédiction en Christ, par le Christ et avec le Christ de connaître le chemin. Et dans la Nativité du Christ, cette Lumière brille sur le monde en ce scintillement paisible et doux de l’étoile de Bethléem. Et lors de la prochaine fête, la Théophanie, le Christ viendra dans le Jourdain comme un Homme Parfait, pour entamer Son Ministère salvateur pour le monde, le ministère de la Croix.
«Ta Nativité, Christ notre Dieu, a fait resplendir dans le monde la lumière de la connaissance» Adam au Paradis Le contempla directement face à face, il contempla la Lumière du Visage de Dieu et ne voyait rien d’autre, il ne remarquait même pas sa nudité, c’est-à-dire qu’il ne voyait pas un monde matériel. Et quand il a commis la transgression contre le commandement de Dieu par la désobéissance, la convoitise et l’orgueil, il tomba hors de la Lumière. Il devait cultiver le paradis, c’est-à-dire grandir dans le respect des commandements de Dieu et, comme Dieu le lui avait promis, grandir jusqu’à la plénitude du savoir et de la connaissance de Dieu, c’est-à-dire le discernement du bien et du mal. Il était encore petit, un enfant pourrait-on dire, et il ne pouvait pas accueillir toute la plénitude de la connaissance de Dieu, c’est pourquoi le Seigneur lui donna cette élévation progressive. Mais Adam voulut se hâter, voulut être un Dieu sans Dieu et jouir immédiatement de ce savoir, et au lieu de la connaissance, il reçut la folle ignorance, au lieu de la lumière, il plongea dans une terrible, terrible, obscurité, et avec lui toute sa postérité, tous ses fils, et nous tous. Les hommes, ces créatures intelligentes, sont devenus des idolâtres et c’est cela qui indique la profondeur de cette obscurité de la folie et de l’ignorance de l’humanité détachée de Dieu. Ils ont perdu la connaissance du vrai Dieu, ils ont même perdu la connaissance de leur propre dignité humaine, ils ont perdu la connaissance de leur ressemblance avec Dieu. Ils étaient devenus vraiment semblables, comme il est dit dans les psaumes, aux animaux sans raison (Ps.48:21). Pendant des siècles, voire des millénaires, cette obscurité a perduré et est devenue plus épaisse, encore plus épaisse et toujours plus épaisse.
Dans l’histoire de l’humanité avant le Christ, il y eut quelques lueurs, il y eut de grandes civilisations, humainement parlant, en Orient: en Chine, en Inde, au Japon. Il y eut de grands hommes, car l’homme eut toujours soif de vérité, de sa recherche; l’homme se souvenait qu’il avait autrefois été un être du paradis, et une mince lueur rougeoyait faiblement. Et il y eut des hommes d’humaine sagesse: Bouddha, Confucius et d’autres, mais ce n’étaient que des reflets, ils savaient eux-mêmes qu’ils ne pouvaient pas aller jusqu’à la vérité, qu’ils n’avaient pas la plénitude de la connaissance de Dieu. Pourquoi ? Eh bien, parce qu’ils restaient esclaves et prisonniers de la mort.
Les prophètes ont tous annoncé qu’un Sauveur viendrait nous sauver, comme Joseph le prophétisa en mourant. Ils étaient tous conscients de leur impuissance: l’impuissance à vaincre la mort, à se débarrasser de l’esclavage du péché, de l’esclavage de la mort, et à voir la Lumière de la Vérité, à voir la Lumière de la Vie. C’est pourquoi le prophète Isaïe, dans sa perspicacité prophétique, dit aux hommes assis dans les ténèbres et dans la verrière de la mort: «La Lumière a resplendi» (Isaïe 9:2). Cette lumière n’est pas une sorte de philosophie, ni des réflexions humaines, ni des idées sur Dieu et la vie, bien que les philosophes grecs, dans leur quête, avant le Christ, aient également donné au monde des lueurs de vérité. La lumière de la connaissance de Dieu, c’est Dieu Lui-même. Voilà la grande différence avec toutes les philosophies ou sagesse de l’Orient, de la Chine, de l’Inde, etc.: c’est Dieu Lui-même qui est venu, Il est apparu comme une Lumière, en Lui-même et par Lui-même, Il nous a montré la Lumière du Royaume Céleste, Il nous a montré à nouveau la Lumière du paradis perdu, et Il nous a montré la Lumière de la Connaissance Divine, c’est-à-dire le chemin pour atteindre ce paradis perdu. Il a rétabli en Lui-même ce qui avait été perdu par Adam: Il a rétabli l’obéissance, rétabli l’humilité, rétabli la pureté, la virginité.
Par conséquent, il y avait cette nécessité intérieure, que le Christ Dieu, le Sauveur, naisse de la Vierge Toute-Pure, précisément de la Vierge, et qu’Il ne naisse ni à Rome ni dans des palais royaux, mais dans une grotte froide, pauvre, dans l’obscurité. Qu’Il naisse comme l’Humble Bébé, Silencieux, Nourrisson sans défense, et non comme un surhomme ou un géant. Le Seigneur Lui-même est venu, «Il est venu et Il est apparu», et Il nous a montré le chemin vers le Père, Il nous a montré le chemin vers le paradis perdu. Et donc, mes chers frères, nous devons comprendre que nous sommes vraiment bienheureux, nous, chrétiens orthodoxes, parce que nous sommes les possesseurs de la plénitude de la connaissance de Dieu. Comme l’a dit un père, la perfection est cachée dans la Croix, et la vraie science de Dieu, c’est-à-dire la Lumière de la connaissance divine, n’est obtenue que par la croix, il n’y a pas d’autre chemin.
Il y eut avant le Christ, et après le Christ, des tentatives d’atteindre la Connaissance sans la Croix et elles se sont multipliées surtout à notre époque. C’est ce qu’on appelle la gnose, la théosophie, etc., ces mouvements qui sont en fait l’orgueil du malin. Le malin voulut aussi être Dieu et s’est abaissé plus bas que toute créature, parce que, comme le Christ le dit, et cette loi reste immuable: celui qui s’élève sera humilié, et celui qui s’humilie sera élevé (Cf.14:11), élevé et glorifié par Dieu, le Ciel et la terre. Le Christ en tant qu’Homme s’est abaissé au-dessous de toute créature, et pour son exploit ascétique de la Croix (pas seulement à Gethsémani, au Calvaire, car tout le chemin de Sa vie est le chemin de la Croix, le chemin de croix, du service humble et obéissant), Il est glorifié par le Ciel et la terre. Il en est de même de la Toute-Pure ; Elle avec Lui, avec Son Fils bien-Aimé, dès le début, dès le moment de la Conception et de la Naissance, Elle a partagé tout Son chemin de Croix à Lui. Mais Elle a aussi suivi Son chemin de Croix de Mère de Dieu, son Calvaire de Mère de Dieu, et pour cela, pour avoir vraiment accepté et parcouru ce chemin avec humilité, obéissance, amour sans limites et dévouement à la volonté de Dieu, Elle est maintenant glorifiée par le Ciel et la terre. Comme il est dit dans la Divine Liturgie de Saint Basile le Grand : «Ayant résidé dans ce monde et donné ses préceptes salutaires, nous détournant des errements de l’idolâtrie, il nous a amenés à Te connaître, Toi vrai Dieu et Père, et nous a acquis pour Lui-même comme un peuple choisi, un sacerdoce royal, une race sainte…». Et nous chantons pendant le Grand Carême: «Mon esprit T’a désiré pendant la nuit, mon Dieu car, lorsque Tes Commandements s’exercent sur la terre, les habitants du monde apprennent la justice.» Ainsi, mes chers frères, chaque jour et chaque nuit, nous devons donc nous lever à la lumière des commandements du Christ. Comme nous l’avons dit plusieurs fois, les commandements du Christ sont la révélation de Dieu, la révélation de la vie que Dieu Lui-même vit.
Et donc, si nous gardons les commandements de Dieu, du Christ, nous sommes certains d’être éclairés par la lumière de la vérité, la lumière de la vie, la lumière de la joie. Et nous connaîtrons le chemin, nous aurons alors vraiment cette grande bénédiction de connaître le chemin. C’est très important à notre époque; le Starets Sophrony m’a dit à plusieurs reprises: «Le Problème de notre époque est que personne ne sait que faire ni où aller, même dans l’Église.» Maintenant, les prophéties des premiers pères se réalisent, selon lesquelles il n’y aura plus de véritable connaissance de Dieu dans les derniers temps, et nous observons cela: le Corps de l’Église est déchiré à droite et à gauche. Comment trouver exactement la voie royale? Souvenons-nous de ces mots: «Ta Nativité, Christ notre Dieu, a fait resplendir dans le monde la lumière de la connaissance», la connaissance par la croix, l’obéissance, l’humilité, la virginité, et la pureté. À chaque office de minuit, nous lisons le dix-septième cathisme: «Heureux ceux qui sont irréprochables dans leur voie, qui marchent selon la loi de Dieu ! Heureux ceux qui gardent ses enseignements, qui le cherchent de tout leur cœur, qui ne commettent pas l’iniquité et qui marchent dans ses voies !»(Ps.118: 1-3), etc. C’est un cantique merveilleux à la Loi du nouveau Testament du Seigneur. Il y a aussi ces mots: «Ta parole est un flambeau devant mes pas, une lumière sur mon sentier.» (Ps.118:105).
Oui, maintenant les ténèbres s’épaississent: les ténèbres du nouveau paganisme, de l’idolâtrie, les ténèbres de l’impureté blasphématoire, la plus blasphématoire, les ténèbres de la folie. Mais même maintenant, mes chers frères, que la Loi du nouveau Testament, c’est-à-dire la Loi de l’Amour Sacrificiel et de la Croix, soit une lampe devant nos pas et une lumière sur notre étroit chemin. Alors nous ne nous perdrons pas.
Terminons par une prière « O Christ, Vraie Lumière, illumine et éclaire tout homme qui vient au monde et est appelé à la connaissance de Dieu et au Service divin de la vérité. Que la Lumière de Ton Visage, doux, humble, nous imprègne, que nous y voyions la Lumière Inaccessible, la Lumière de Ton Humilité et la Lumière de Ton Amour Indicible. Et dirige notre démarche vers l’accomplissement de Tes commandements, porteurs et donateurs de lumière, par les prières de Ta Très Sainte Mère Toute Pure, dont le Visage est pour nous aussi la Lumière la plus éclatante dans les ténèbres de ce monde, et de tous Tes saints, qui, étant semblables à Toi, sont tous devenus de merveilleuses lumières au firmament de l’Église, amen». Ainsi, mes chers frères, nous voici déjà à la clôture de la Fête de la Nativité du Christ.
Traduit du russe
Source

Saint Luc de Crimée. Homélie pour la fête de la Nativité du Christ

«... en 38 années de sacerdoce presbytéral et épiscopal, j'ai prononcé environ 1250 homélies, dont 750 furent mises par écrit et constituent douze épais volumes dactylographiés...»
(Le Saint Archevêque Confesseur et chirurgien Luc de Crimée)
1

Homélie prononcée par Saint Luc de Crimée, le jour de la fête de la Nativité du Christ en l’année 1957. Le texte original russe est la première homélie du Tome 2 des Homélies de Saint Luc de Crimée, publiées par l’Éparchie de Simféropol en 2004.

Je vois un Mystère étonnant qui dépasse l’entendement:une grotte est devenue le Ciel et la Vierge remplace le trône des Chérubins;la crèche est la demeure où repose celui que l’univers entier ne pouvait contenir, le Christ notre Dieu infini que nous chantons et magnifions (Irmos de la Nativité, neuvième ode)
En ce grand jour, la Sainte Église se souvient d’un grand événement profondément mystérieux et incompréhensible, devant lequel tous les autres événements de l’histoire du monde sont complètement insignifiants : la Nativité du Fils Coéternel de Dieu dans la chair humaine par la Toute Sainte Vierge Marie, pour le salut du genre humain tombé dans les péchés. La crèche dans laquelle ce profond mystère a eu lieu est devenue vraiment le ciel, car Dieu y est apparu. La petite crèche, à partir de laquelle les animaux se nourrissaient, abrita le Dieu de l’univers entier. Du prophète Isaïe, du Psalmiste David, dans les Livres des Rois, nous lisons que Dieu est assis sur les chérubins, comme sur Son trône, et maintenant nous voyons le Fils Coéternel de Dieu reposer sur une humble couchette et sur les bras de sa Très Pure Mère terrestre, Qui est maintenant en vérité nommée Trône des Chérubins.
Prosternons-nous devant la crèche de Bethléem, dans laquelle le Roi des cieux, en Son Image d’Homme-Dieu, s’est manifesté au Monde dans les conditions les plus misérables.
Insondable pour nous est cette immense humilité, insondable, ce mépris du Seigneur Jésus né maintenant, envers toute gloire de ce monde. Mais rappelez-vous les paroles de Dieu annoncées par le prophète Isaïe: «Car mes pensées ne sont pas vos pensées, et vos voies ne sont pas mes voies, – oracle de Yahweh. Autant les cieux sont élevés au-dessus de la terre, autant mes voies sont élevées au-dessus de vos voies et mes pensées au-dessus de vos pensées» (Is.55, 8-9).
Et non pas à notre manière, mais à Sa manière, le Seigneur notre Dieu, Jésus-Christ, a souligné la grandeur de Sa Nativité dans la crèche de Bethléem.
Quel miracle, cette faculté propre à Dieu seulement, d’annoncer Sa naissance terrestre aux proches et à ceux qui étaient loin, au simple et à l’analphabète comme au sage et au savant. Les simples étaient proches de lui. C’est de leur milieu que plus tard, Il élit Ses Apôtres. Ils appartenaient au peuple qu’Il avait choisi, ils croyaient en le Vrai Dieu, ils comprenaient la langue des de la Sainte Écriture. A eux, Il envoya au milieu de la nuit profonde, Son ange, qui leur dit: «Ne craignez point, car je vous annonce une nouvelle qui sera pour tout le peuple une grande joie. Il vous est né aujourd’hui, dans la ville de David, un Sauveur, qui est le Christ Seigneur. Et voici ce qui vous servira de signe : vous trouverez un nouveau-né enveloppé de langes et couché dans une crèche.»(Lc.2,10-12). Et soudain, le ciel s’ouvrit devant les yeux des bergers, et une foule d’anges apparut devant eux, confirmant ce qui venait de leur être annoncé par un chant céleste étonnant: «Gloire à Dieu au plus haut des cieux, paix sur la terre et aux hommes, bienveillance»(Lc.2,14).
Tout à fait différente, mais tout aussi miraculeuse, est la révélation par le Seigneur Dieu du grand secret de la descente sur la terre de Son fils Coéternel à d’autres gens, très éloignés, les mages de l’Orient, savants sages, gens nobles qui ne connaissaient pas encore Le vrai Dieu. Par l’apparition miraculeuse de l’étoile, il les convainquit de parcourir un long chemin et aller adorer le Fils de Dieu Qui venait de S’incarner, le Sauveur du monde.
Qui étaient ces mages de l’Orient? Des scientifiques très éminents du monde antique, des observateurs profonds et incessants du ciel étoilé, du mouvement et du courant des étoiles.
Les moyens dont disposait leur science étaient très primitifs. Ils n’avaient pas de télescopes et d’autres instruments optiques puissants dont disposent les astronomes actuels, mais ils connaissaient profondément les mathématiques, cette science très importante, car sans elle, il est impossible de comprendre le mouvement des étoiles et des planètes. Leur science, l’astrologie, est maintenant considérée comme une fausse science, car ils croyaient que, par le mouvement des étoiles et surtout par l’apparition de nouvelles étoiles, il était possible de reconnaître et de prédire les événements historiques, la naissance et le destin des grands hommes.
Il plut à Dieu d’attirer l’esprit et le cœur de ces anciens savants vers la Nativité de notre Seigneur Jésus-Christ, de la Deuxième Personne de la Sainte Trinité, qui prit chair à leur époque, le Sauveur du monde.
Comme je voudrais que de tout cela, des anciens savants, les mages, de la miraculeuse étoile qui les amena à Bethléem, se souviennent aussi les savants actuels, qui, pour la plupart, ont remplacé la foi en Dieu par la foi en la science; afin qu’ils se souviennent qu’il y a deux sphères d’existence: l’existence matérielle et l’existence spirituelle. La puissance de la science est extrêmement grande, pénétrant de plus en plus profondément dans les mystères de l’être matériel, et on ne voit pas la fin de ses grandes réalisations. Mais que les savants ne tirent pas fierté de leur sagesse! Et je rappellerai à ceux qui ne vivent que par la foi scientifique la parole étonnante du Seigneur Jésus-Christ: «Je contemplais satan tombant du ciel comme la foudre»(Lc.10,18). On ne tombe que de haut en bas, et la chute de satan du ciel sur terre montre que les cieux, cette sphère de l’être spirituel, sont bien au-dessus de l’existence matérielle. Cela nous est également confirmé lors de la tentation de notre Seigneur Jésus-Christ par le diable après son jeûne de 40 jours dans le désert. Le diable a emmené le Seigneur Jésus sur une haute montagne, et Lui a montré en un instant tous les royaumes de la terre et leur gloire, il a dit: «Je Te donnerai toute cette puissance et toute la gloire de ces royaumes; car elle m’a été livrée, et je la donne à qui je veux. Si donc Tu Te prosternes devant moi, elle sera toute à Toi» (Lc.14,6-7).
Il est fort possible que la science si puissante révèle un jour tous les mystères de l’existence matériel. Mais comme le diable, rejeté du ciel pour son orgueil, fut privé de sa participation aux grands mystères de la sphère spirituelle, aux orgueilleux savants qui ont perdu la foi en Dieu, sera inaccessible tout ce qui se rapporte à la sphère supérieure de l’être spirituel, dans laquelle existent et agissent ses lois propres, inaccessibles à l’esprit humain. Ces lois ne sont accessibles qu’aux saints qui sont devenus des temples de l’Esprit de Dieu, des amis et même des frères du Seigneur et Dieu Jésus-Christ, descendu maintenant du ciel sur la terre pour sauver le genre humain par Sa divine prédication, et non seulement par elle, mais même, et il est terrible de le dire, par Sa Chair et Son Sang. Vous et moi, marchons à Sa suite, vous tous, frères et sœurs.
Amen.

Traduit du russe.

Récits de la Nativité dans un monastère de l’Oural.

Madame Rojniova

Madame Olga Rojniova a écrit une série de textes relatifs à la communauté de moniales du Monastère, ou ‘Désert’, de la Très Sainte Mère de Dieu de Kazan-Saint Tryphon, situé sur une colline de la région de Perm, qu’elle a intitulés «Histoires de la Colline Miteïnaia». La traduction d’une série de plusieurs de ces textes est proposée sur ce blog. Celle-ci est consacrée à plusieurs récits relatifs à la période de la Nativité, vécue dans le monastère pour hommes situé en face du Désert  de la Très Sainte Mère de Dieu de Kazan-Saint Tryphon sur la rive opposée de la Tchoussova .

Où est notre Michenka?
En automne, lorsque le feuillage jauni est parsemé dans tout le monastère, des visiteurs arrivèrent au monastère: la maman, le papa et leur fils de quatorze ans. Les parents devaient partir pour un long voyage d’affaires, et ils avaient peur de laisser le garçon avec sa grand-mère. Le problème s’est avéré être ceci: le fils passait tout son temps à l’ordinateur, refusant de dormir et de manger. Avec difficulté, ses parents l’avaient envoyé à l’école, mais il s’obstinait à s’enfuit et courir à sa seule joie : l’ordinateur. Il était difficile de compter sur la grand-mère: elle regardait des séries et la plupart du temps, elle vivait les aventures de leurs héros. C’est ainsi que Micha fit son apparition au monastère, mince et dégingandé, les yeux éteints et une pâleur malsaine. Il considérait avec horreur ce monastère éloigné de la civilisation, et dans ses yeux se cachait une angoisse pas du tout enfantine : ici, il n’y avait pas son ordinateur bien-aimé.

L’Higoumène Savva (Roudakov)

L’higoumène Savva écouta attentivement les parents, regarda le mélancolique Micha et accepta que le garçon reste au monastère pendant leur voyage d’affaires. L’école se trouvait à une dizaine de kilomètres, et deux écoliers y étaient déjà transportés, les enfants d’un prêtre qui vivait à côté du monastère.
Les deux premiers jours, Micha fut en état de choc. Il répondait aux questions brièvement et de façon morose nourrissant visiblemment des rêves d’évasion. Peu à peu, il commença à prendre vie. Et puis il se lia d’amitié avec le novice Piotr. Petya était le plus jeune dans le monastère, il avait terminé l’école quelques années auparavant. Et maintenant, le rôle de mentor des jeunes lui réchauffait l’âme. Il patronna généreusement Micha, et parfois il se laissait aller et folâtrait comme un enfant, sur un pied d’égalité avec son pupille. Mais un moine, le Père Valérien, avait pour obédience de veiller sur les deux jeunes.
Après les leçons à l’école du village, Micha accomplissait une obéissance à l’écurie et il aimait Yagodka, le cheval du monastère. Il semble que Yagodka soit devenu le premier animal de compagnie dont Micha se fut approché. Il prit soin du cheval, à la surprise de la communauté, avec tendresse. Et ainsi ils se prirent d’amitié l’un pour l’autre, à un point tel que quelques semaines plus tard, Micha et Piotr se relayaient à faire le tour du monastère, montés sur Yagodka, toujours sous la surveillance vigilante du Père Valérien.
Discrètement, l’hiver s’installa au monastère. Et l’hiver y était des plus réels, pas comme l’hiver en ville. Il n’y avait pas de publicité au néon et de vitrines brillantes, il n’y avait pas d’agitation urbaine et de neige sale fondue sous les pieds.
C’est peut-être pour cette raison que les étoiles dans le crépuscule bleu de l’hiver brillaient de façon exceptionnellement éclatante, que les sentiers blancs étonnaient par leur pureté et que la pénombre de l’aube sombre n’était éclairée, en ce temps de l’année, que par la lumière des fenêtres des cellules des moines. Les gelées et les vents, les flocons de neige, mais aussi les tempêtes de neige, frappaient aux portes des moines. Alors, dans les poêles, le feu crépitait calmement et affectueusement, rivalisant avec le mauvais temps.
Après avoir terminé l’obéissance, Micha et Piotr faisaient de la luge sur les pentes de la colline. Petya, cependant, était gêné au début: un adulte… sur un traîneau… et sûrement un membre de la fraternité le verra… les moqueries seront inévitables. Mais aucun des moines ne pensa à se moquer d’eux, et peu à peu Piotr se prit au jeu. Et ils glissaient donc sur leur traîneau, et au son de la cloche, tout couverts de neige, rougis, joyeux, affamés, ils se retrouvaient au réfectoire. Et là,même si c’était le temps du Carême de la Nativité, tout était délicieux. La nourriture du monastère l’est toujours, même quand il s’agit de soupe maigre ou des tartes fourrées sans huile, à l’eau. Les moines cuisinent avec la prière aux lèvres et dans le cœur, voilà pourquoi c’est délicieux. Petits pains aux pommes de terre ou tendre tarte au chou, soupe monastique aux ouïes de poisson, et le dimanche, du poisson sorti tout chaud du poêle, quels parfums! Et ensuite, gelée de canneberges ou d’airelles accompagnée de thé aux herbes parfumées, et craquelins aux raisins secs… Les moines anciens mangeaient peu; l’Archimandrite du grand schème Zacharie mangeait quelques cuillerées de soupe et un petit quartier de tarte. Même le Père Valérien, grand, costaud, mangeait peu. Il est vrai qu’ils étaient au monastère depuis longtemps… Le père spirituel avait donné à Piotr et Micha sa bénédiction de manger à satiété. Ils le firent.
Pour la Nativité, selon la tradition, les moines montèrent une crèche. Juste à côté de l’église, au milieu de la congère d’hiver, dans une grotte de glace éclairée par des lanternes, il y avait une crèche en bois, du vrai foin dans la crèche, à côté d’un cheval et d’un âne de chiffon et, surtout, la Très Sainte Mère de Dieu avec l’enfant Christ emmailloté. Il était particulièrement agréable de regarder cette grotte le soir, quand il faisait sombre et d’énormes étoiles brillaient dans le ciel. Alors, le foyer dans la crèche brillait avec une douceur particulière; les lanternes attiraient le regard et dispersaient l’obscurité environnante. Et le Père Valérien avait ramené de la forêt un grand sapin de Noël aux aiguilles denses. Micha et Piotr vidèrent un placard où étaient rangées boules et décorations, une pluie de lumière. Les boules étaient si brillantes, elles sonnaient clairement comme le cristal. Jamais auparavant, Micha n’aurait cru qu’il était possible de décorer avec joie un sapin de Noël: c’était une activité pour les enfants… Mais maintenant il l’avait décoré et il avait écouté comment le poêle bourdonnait et crépitait dans le réfectoire chaleureux et confortable. Des odeurs merveilleuses et savoureuses arrivaient de la cuisine, derrière les fenêtres couvertes d’arabesques de glace, on voyait les arbres blanchis comme neige par le givre. Des flocons de neige tourbillonnaient doucement.
Le soir, le Père Savva appela Micha et Piotr dans sa cellule. Ce fut un moment tellement précieux! Dans la cellule de Batiouchka, le parfum était si merveilleux, celui de l’encens de l’Athos, des icônes tout autour des murs, des livres. Et quand le Père Savva commença à parler de l’Athos, des sentiers de montagne, des monastères de la Sainte Montagne…
Quand ils sont sortis de la cellule de l’higoumène, la nuit bleue était déjà tombée sur le monastère. D’énormes étoiles brillaient dans le ciel. Un petit foyer brûlait dans la grotte de la crèche de Noël et la lumière de ses Saints Habitants éclairait le chemin menant aux cellules. Ils s’arrêtèrent une minute près de la grotte de neige. Restèrent là, debout. Et Micha sentit soudain une plénitude inhabituelle de la vie, telle qu’il est impossible de transmettre avec des mots. Il n’y parvint pas. Quand Piotr demanda: «Mich’, qu’est-ce qui t’arrive?», il dit doucement:
«Tu sais, Petya … c’est pourtant bien de vivre dans le monde!» Il craignit que son ami ne comprenne pas, rie, que son humeur soit gâchée. Mais Petya avait compris et répondit sérieusement:
– Oui, frère Micha, c’est bien… «Je vois, j’entends, tout en moi est heureux…» C’est du Bounine, frère…
La Nativité approchait. Ils attendaient les gelées, et après le repas, toute la petite communauté transporta sur des luges et un grand traîneau du bois de chauffage depuis la remise à bois jusque dans les cellules et au réfectoire, afin de pouvoir célébrer la fête de la Nativité et se reposer, sans devoir se soucier du bois de chauffage. Tout le monde en bottes de feutre, épais blouson et bonnet de feutre. Du travail efficace. De retour avec une luge chargée de bûches, Piotr et Micha se figèrent soudain sans plus avancer vers leur cellule : les parents de Micha se précipitaient à leur rencontre. Ils avaient l’air inquiets. Ils passèrent devant eux, hochant tout juste la tête pour les saluer. Micha n’en croyait pas ses yeux: ses parents ne lui avaient accordé aucune attention. Ils approchèrent de la remise à bois, firent le tour de tous les moines qui travaillaient et se hâtèrent de revenir. Ils revinrent auprès de Micha et Piotr figés toujours pétrifiés et s’arrêtèrent à quelque distance. La maman demanda :
– Pères, auriez-vous vu notre Michenka? Michenka, notre garçon?
Et le papa confirma d’un hochement de tête. Micha et Petya les fixaient avec étonnement, et la maman se plaignit plus encore:
– Mais qu’est-ce que c’est?! Chers Pères! Vous n’avez pas vu notre petit Micha?
Alors, enfin, Micha retrouva l’usage de la parole. D’une voix embarrassé, il grogna :
– Mais m’man, qu’est-ce qui te prend? C’est moi…Micha.
Piotr regarda attentivement son ami: gros chandail, bottes de feutre et chapka couvrant les oreilles, enfoncée jusqu’aux sourcils. Mais ce ne sont pas ses vêtements qui l’avaient rendu méconnaissable. Au lieu du garçon pâle, aux yeux éteints, qui était arrivé au monastère il y a quelques mois, les parents voyaient en face d’eux un Micha aux joues vermeilles, costaud et au regard vif et joyeux. Voilà une histoire de la Nativité au monastère.
«Je n’ai pas fermé l’oeil»

Les pèlerins étaient arrivés au monastère pour la Nativité. L’hôtellerie était bondée et Volodia, l’un d’eux, avait reçu la bénédiction pour passer la nuit dans la cellule du Père Valérien, auquel il était venu rendre visite. Ils ouvrirent un lit pliant pour Volodia.
Avant de se coucher, le Père Valérien avertit son invité:
– Je ronfle parfois dans mon sommeil. Pousse-moi si tu veux.
Ceci convenu, la nuit tomba. Immédiatement, le Père Valérien se mit à ronfler. Volodia n’avait pas encore eu le temps de s’endormir, et maintenant il ne pourrait pas. Il siffla, et le père de Valérien cessa de ronfler. Ça a marché!!! se réjouit Volodia. Mais quinze minutes plus tard, le ronflement résonna à nouveau. Et puis encore… et encore…
Le matin, Volodia, qui n’avait pas dormi, décida d’exprimer son mécontentement en plaisantant:
quelqu’un a tellement ronflé toute la nuit que je n’ai pas pu dormir!
Le Père Valérien encore endormi lui répondit : Et moi, je n’ai pas fermé l’œil: quelqu’un a sifflé toute la nuit!
Du bois de chauffage pour le père Théodore

Le Père Théodore, vieux moine du grand schème, était petit, mince, mais très actif. Malgré son âge, souvent, il donnait des sueurs aux frères de la communauté:
– Nous n’avons pas d’ordre dans ce monastère! C’est comme ça qu’on enlève la neige?!
Il arracha la pelle des mains d’un moine et se mit à déblayer à sa manière, qualitativement! Tout le monde connaissait le Père Théodore, mais on l’aimait aussi: il n’avait aucune mauvaise intention. Un jour, le jeune Hiéromoine Siméon décida d’aider secrètement le vieil homme.
La pile de bois était quasi vide chez le Père Théodore et il fallait aller loin pour le bois de chauffage. Sachant que le vieux moine du grand schème était susceptible, le Père Siméon apporta secrètement, la nuit sur un traîneau, le bois de chauffage le plus tendre, en quantité pour une pile de bûches. Après avoir monté la pile jusqu’au sommet, il rentra dans sa cellule avec le sentiment joyeux du travail accompli. Le matin, dans le monastère, tout le monde fut assourdi par les cris du Père Théodore. Regardant depuis leurs cellules, les frères furent témoins du tableau suivant : toute la pile de bûches se trouvait dehors, les bûches attentivement sélectionnées s’étaient envolées du couloir.
– Qui a apporté ce bois?! Tout était obstrué! Le vieux n’avait qu’à déblayer! Quel malin! Ce n’était pas du bouleau, mais du tremble! Pas du bois de chauffage, on se demande à quoi il sert! Il n’y a pas d’ordre dans ce monastère! Asséna le Père Théodore. Si vous pensiez que le Père Siméon se sentit offensé, alors écoutez la suite de l’histoire: le lendemain matin, les frères furent à nouveau réveillés par un grand cri du vieux moine du grand schème dans le couloir :
– Ah, du bouleau, voilà ce dont on a besoin! On a enfin compris! On a finalement fait fonctionner sa tête vide! Ce n’aurait pas pu être fait correctement dès le premier coup?! Tu enseignes l’ordre à ces jeunes, tu leur enseignes, et tout est inutile! Il n’y a pas d’ordre dans ce monastère!
Les frères secouaient la tête, et seuls l’higoumène Savva et le Père Zacharie, archimandrite du grand schème, souriaient. Ils se souvenaient bien de la règle monastique: «Qui nous fait des reproches nous fait cadeau. Et qui nous offre louanges, nous vole».
Et ils savaient aussi que le Père Théodore qui avait crié fermerait la porte de sa cellule, et se calmerait immédiatement, rejetant toute trace de l’apparence de la colère. Il se calmera, se posera tranquillement sur ses vieux genoux douloureux et priera longuement pour son bienfaiteur et pour toute la fraternité monastique.
«Et qui a préparé cette beauté?»

Un jour pendant la Nativité, le Père Théodore fut très malade. Presque 90 ans, toute sa vie dans les travaux! Les frères étaient affligés, mais les moines essaient toujours de se souvenir de la mort, et pour le Père Théodore, ils avaient préparé un cercueil et une croix.
Le Hiéromoine Siméon prit les Saints Dons et alla communier le malade. Le Père Théodore était allongé sur son lit sans mouvement. Son regard errait; tout témoignait de l’approche du mystère de la mort. Le Père Siméon l’oignit d’huile consacrée et communia le mourant d’une goutte du Sang du Christ. Le lendemain, pendant le dîner du jour de la fête, la porte du réfectoire s’ouvrit avec fracas. Sur le seuil se tenait, bien vivant, le Père Théodore! Aucune trace de l’infirmité mortelle de la veille!
Et sur le chemin du réfectoire, il avait remarqué le nouveau cercueil qui séchait au soleil d’hiver. Ce cercueil était un beau travail: Petya, le novice du monastère aux mains d’or avait imaginé l’orner d’une sculpture, pour le Père Théodore! Le Père Théodore aima beaucoup cette sculpture.
Et qui a préparé cette beauté? Demanda à haute voix le Père Théodore tout en avançant.
Comment le Père Théodore se préparait pour le repas

Photo : A. Kouzmine

Le Père Théodore avait subi deux crises cardiaques, mais il était encore assez éveillé pour ses 90 ans. Toutefois, il ne pouvait pas mâcher les aliments fermes. Et pour ne pas gâcher le pain, il venait toujours au réfectoire à l’avance, pour séparer la mie des croûtes.
Aujourd’hui encore, Dionysi n’avait pas encore sonné la cloche pour éveiller le monastère, que le Père Théodore était déjà assis à sa place et se préparait pour le repas. Arriva la semaine de la Nativité. Les frères se réjouissaient, et le Père Théodore était également de belle humeur. Il émiettait les croûtes de pain dans sa soupe et souriait joyeusement en regardant l’élégant sapin de Noël dans le coin du réfectoire.
Le Père Valérien, ayant par hasard jeté un coup d’œil dans le réfectoire, avait aperçu le Père Théodore et demanda joyeusement :
– Eh quoi, Père, tu fais tremper les croûtes?
Et le Père Théodore hocha joyeusement la tête.

Traduit du russe
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