Higoumène Dovmont (Beliaev). Dieu façonne des pierres pour former Son peuple. (2/3)

Le texte ci-dessous est la traduction d’un original russe publié le 1er novembre 2018 sur Pravoslavie.ru : un entretien de Pëtr Davydov avec l’Higoumène Dovmont Beliaev, Recteur de l’église de la Dormition de la Très Sainte Mère de Dieu, à la Forteresse d’Ivangorod, dans la région de Pskov. Cet entretien aborde certaines raisons des troubles intérieurs de l’homme, l’utilité de ceux-ci dans le processus d’élimination de la vanité, ainsi que l’attitude à adopter vis-à-vis d’eux. Cette deuxième partie aborde également les thèmes de la formation du clergé et de l’iconographie. La première partie du texte se trouve ici.

Aujourd’hui, s’offusquer est à la mode : «mon sentiment de croyant» est offensé à tout moment. Ou souvent, je m’offusque catégoriquement de tout ce qui ne me convient pas. Les raisons en sont légions. De quoi ne s’offusquerait-on pas? Par conséquent, je vois régulièrement que maintenant, l’attitude de la société envers l’Église, l’Église Orthodoxe russe, n’est même plus ce qu’elle était à l’époque soviétique ; on la considérerait plutôt comme une institution qui pour l’instant est encore tolérée. Parfois, on entend dire, avec mépris : «Ah voilà, vous vous offusquez encore! Vous n’êtes capables que de cela». Ces observation sont-elles correctes ou erronées, à votre avis?

Le Père Dovmont

Il me semble que ces griefs ne reposent pas sur des fondements raisonnables. Parce qu’on s’offusque quand on considère qu’un agissement est inconvenant. Mais le monde… et c’est souligné partout, dans les Saintes Écritures, dans les témoignages des saints, nous sommes prévenus : «Le monde gît dans le mal». Nous ne pouvons rien changer au fait que le péché et le mal soient dans le monde ; nous ne pouvons l’empêcher car c’est la conséquence de la peccaminosité du genre humain en tant que tel. Et le Christ n’a jamais dit : «On vous respectera dans le monde, on vous rendra honneur, tout le monde vous respectera et vous estimera, si vous marchez à Ma suite». Il a dit au contraire : «On M’a chassé, et on vous chassera. Si on avait observé Ma parole, on observerait la vôtre. Si vous étiez de ce monde, le monde aimerait les siens, mais comme vous n’êtes pas de ce monde, le monde vous haïra. Sachez qu’il M’a haï avant vous, et tenez bon, car J’ai vaincu le monde». Read more

Paroles de Batiouchka (17)

Né en avril 1937, Valerian Kretchetov, prêtre de village, est le prédicateur le plus âgé de l’Éparchie de Moscou. Fils d’un prêtre, frère d’un prêtre, l’Archimandrite Valerian est père de sept enfants, dont un prêtre, et grand-père de trente quatre petits enfants. Il fut ordonné diacre en novembre 1968, et prêtre en janvier 1969. En 1974, il succéda au Père Sergueï Orlov, comme recteur de l’église du Pokrov, au village d’Akoulovo, dans la région de Moscou. Il fréquenta les plus grands starets pendant des dizaines d’années et accomplit dix-huit séjours sur l’Athos. Une quinzaine de livres ont été édités, reprenant prédications, entretiens multiples et interventions devant des groupes très divers.

«Réflexions avant la confession», pages 118-119

Le livre dont a été tiré l’extrait.

Nous confondons deux choses, l’entêtement et la persévérance. L’entêtement, c’est quand l’homme s’obstine envers et contre tout à faire sa propre volonté. La persévérance, c’est quand l’homme distingue un bon objectif et s’efforce de l’atteindre. Dès lors, si on n’apprend pas à distinguer ces deux attitudes, si on n’a pas appris à le faire, alors, le résultat sera velléité et entêtement stérile.
Pourquoi ceux qui sont habitués à vivre «comme ils en ont l’envie» deviennent malheureux? Parce qu’autour d’eux, tout n’est pas comme ils le veulent… ainsi, quand quelque chose «ne va pas», la cause ne se situe pas dans les formes extérieures, mais en nous-mêmes.
Traduit du russe

Le Saint Hiéromartyr Hilarion (Troïtski) Huit Lettres d’Occident. (16)

Il ne semble pas que jusqu’à présent, les huit Lettres d’Occident, écrites par le Saint Hiéromartyr Hilarion (Troïtski) aient été traduites en français. Ces huit lettres, éditées pour la première fois en 1915, sont incluses dans les Œuvres en trois volumes du Saint Hiéromartyr, au tome 3, pp 396 à 458. (Священномученик Иларион (Троицкий). Творения в 3 томах. -épuisé-), Moscou, 2004, Éditions du Monastère de la Sainte Rencontre. Le texte de ces huit lettres fut également publié sur le site Pravoslavie.ru, entre le 16 et le 22 mai 2006. Ces écrits, qui ne relèvent pas d’une démarche académique, plongent le lecteur avec animation et profondeur dans l’atmosphère spirituelle, philosophique, culturelle et sociopolitique du début du XXe siècle; c’est en 1912 que l’Archimandrite Hilarion (Troïtski) effectua un périple dans les grandes villes d’Europe.  Voici le début de la huitième lettre. Les précédentes se trouvent ici.

Huitième lettre. La Madone de la Chapelle Sixtine, de Raphaël.

Je vois, oui je vois, mon Ami, que tu souris déjà en lisant le titre de ma lettre! Est-ce mon intention de t’écrire au sujet de cette grandiose œuvre d’art qui te semble risible? Sans doute en est-il ainsi parce que tu connais mon indigence dans tous les domaines artistiques. Une véritable indigence. Je n’ai aucun don pour cela. Dieu ne m’en a pas donné… Je suis complètement nul en art pictural. Je fus moi-même convaincu de cette triste vérité dès mon enfance, quand j’essayais de dessiner des petites maisons, des chevaux, des chiens, et ainsi de suite. Mais envers la beauté, mon Ami, jamais je ne suis demeuré indifférent. La beauté du monde de Dieu m’a toujours attiré plus que quoi que ce soit. Je suis quasiment indifférent à la beauté des œuvres picturales, mais quelques tableaux ont toutefois brisé la muraille de mon indifférence et fait fondre la glace de mon insensibilité artistique. Devant eux, j’éprouve des impressions tellement puissantes que je ne puis les oublier pendant des années. Read more

Higoumène Dovmont (Beliaev). Dieu façonne des pierres pour former Son peuple. (1/3)

Le texte ci-dessous est la traduction d’un original russe publié le 1er novembre 2018 sur Pravoslavie.ru : un entretien de Pëtr Davydov avec l’Higoumène Dovmont Beliaev, Recteur de l’église de la Dormition de la Très Sainte Mère de Dieu, à la Forteresse d’Ivangorod, dans la région de Pskov. Cet entretien aborde certaines raisons des troubles intérieurs de l’homme, l’utilité de ceux-ci dans le processus d’élimination de la vanité, ainsi que l’attitude à adopter vis-à-vis d’eux et la nécessité d’être calme et patient envers ceux qui nous sont désagréables, car tout ce que nous ne savons pas n’est pas forcément mauvais. Cette première partie illustre entre autres les pièges de l’ennemi.

Batiouchka, pourquoi y a-t-il dans l’Église terrestre des passions mondaines si abjectes? Et pourquoi sont-elles ressenties plus douloureusement dans l’Église que dans le monde? Et surtout, comme lutter contre elles? Que faire?
La raison en est que l’Église est un organisme divino-humain : Dieu Lui-même, notre Seigneur Jésus Christ, en est la tête, mais elle est formée par les gens, par ceux qui vivent, par des pécheurs qui se repentent… Read more

Paroles de Batiouchka (16)

Né en avril 1937, Valerian Kretchetov, prêtre de village, est le prédicateur le plus âgé de l’Éparchie de Moscou. Fils d’un prêtre, frère d’un prêtre, l’Archimandrite Valerian est père de sept enfants, dont un prêtre, et grand-père de trente quatre petits enfants. Il fut ordonné diacre en novembre 1968, et prêtre en janvier 1969. En 1974, il succéda au Père Sergueï Orlov, comme recteur de l’église du Pokrov, au village d’Akoulovo, dans la région de Moscou. Il fréquenta les plus grands starets pendant des dizaines d’années et accomplit dix-huit séjours sur l’Athos. Une quinzaine de livres ont été édités, reprenant prédications, entretiens multiples et interventions devant des groupes très divers. Le texte ci-dessous révèle une dimension peut-être ignorée en Occident de l’Église en Russie à l’époque soviétique. Les dates précitées font du Père Valerian un témoin autorisé à ce propos.

«Entretiens au Pokrov d’Akoulovo», pages 94 & 95.

Le livre dont l’extrait est tiré

Il faut moins penser aux événements terribles, et moins en parler. Malheureusement, on nous raconte sans cesse des choses effrayantes, et immédiatement, on s’en délecte. Tout cela témoigne de ce que l’ennemi s’efforce d’implanter la peur chez les gens et de les maintenir dans un état de tension. Nous ne devons ni penser ni parler de tout cela. Ce n’est pas nécessaire. Ce qui est nécessaire, c’est seulement de s’en remettre à la volonté de Dieu.
Au lieu de nous concentrer sur les choses terribles, , nous devons nous expliquer clairement à nous-même qu’il n’est pas possible de vivre sans tentation, ni sans maladie. Tout d’abord, elles sont données à chacun seulement à la mesure de ses forces, et ensuite, elles permettent de se purifier des péchés. Il ne faut donc pas craindre cela, et il faut même en tirer profit.
Il faut se protéger du mouvement d’effroi qui oppresse le monde. Et l’unique façon de s’en protéger consiste à s’abandonner à la volonté de Dieu. Nous devons sans cesse nous rappeler que le Seigneur ne nous donne pas une croix qui soit au-dessus de nos forces. C’est pourquoi, si le Seigneur nous envoie une tentation, Il nous accordera aussi Son aide.
Traduit du russe

Paroles de Batiouchka (15)

Né en avril 1937, Valerian Kretchetov, prêtre de village, est le prédicateur le plus âgé de l’Éparchie de Moscou. Fils d’un prêtre, frère d’un prêtre, l’Archimandrite Valerian est père de sept enfants, dont un prêtre, et grand-père de trente quatre petits enfants. Il fut ordonné diacre en novembre 1968, et prêtre en janvier 1969. En 1974, il succéda au Père Sergueï Orlov, comme recteur de l’église du Pokrov, au village d’Akoulovo, dans la région de Moscou. Il fréquenta les plus grands starets pendant des dizaines d’années et accomplit dix-huit séjours sur l’Athos. Une quinzaine de livres ont été édités, reprenant prédications, entretiens multiples et interventions devant des groupes très divers.

«Entretiens au Pokrov d’Akoulovo», page 46

Le livre dont l’extrait est tiré

Si le souhait de servir Dieu existe, alors, le Seigneur l’exaucera. Comment? Cela relève de Sa sainte volonté. S’Il veut que ce soit selon la voie de la famille, ce sera la famille, ou selon la voie monastique, ce sera le monastère. Mais si tu commences à réfléchir et à te dire : «Moi, je voudrais vraiment un mari. Ou une épouse. Ou, moi, je voudrais ceci, ou cela,…», alors, ce n’est plus l’affaire de Dieu! Le Seigneur sait mieux ce qui est bon pour nous. Si le mieux est que tu aies une épouse, tu en auras une. Mais pas quand tu le voudras; seulement lorsque Dieu donnera.
Il y eut parmi mes paroissiens, de nombreux hommes et femmes dignes. Il y eut un serviteur d’autel appelé Athanase. Jamais je n’ai entendu dire qu’il s’était mis en colère. Par contre, son épouse le faisait parfois. Mais lui, il ne disait pas un mot, il priait pour elle, désolé qu’elle passe tellement de temps à regarder la télévision, sans aller à l’église. Avant sa mort, il reçut secrètement la tonsure monastique et elle n’en sut rien. Mais quand il mourut, elle commença à aller à l’église, et plus tard, elle dit : «Maintenant, j’ai compris qu’il n’y a rien de meilleure que d’aller à l’église et accomplir de bonnes actions». De tels exemple, nous en connaissons beaucoup. Cette génération était extraordinaire, humble, patiente.
Traduit du russe